En effet, à 7h du matin, un déluge s'est abattu sur nous. Le sable de la cour de l'école se faisait soulever par un vent d'une violence extrême, entamant une danse endiablée. Dans notre chambre/salle de classe/dortoir, le bruit de la tempête faisait trembler le toit en tôle, la fin du monde semblait proche. C'était un comble, pour notre premier jour en Afrique, il pleuvait (ça ne vous rappelle rien ?).
Sûrement à cause du bruit, je me suis levé de bonne heure et ai fait ma première rencontre avec les enfants du village. Ils s’appelaient Samuel et Emmanuel et avaient l'air d'avoir entre 7 et 10 ans, j'avais du mal à leur donner un âge précis. A mon « ça va ? », ils m'ont répondu un peu timidement un « oui ça va » collégial (réponse quasi-automatique de tous les enfants avec qui on parlera).
On ne se connaissait pas encore mais ils me souriaient déjà et nous avons même pris des photos ensemble (photos qui seront supprimées de mon appareil par les enfants qui joueront avec, dommage). On essayait de se parler mais la barrière de la langue s'est vite fait ressentir, alors le langage des signes est devenu indispensable.
Après le petit-déjeuner, pris tard en raison du mauvais temps (nos marmites et notre foyer étaient bloqués dans un taxi-moto qui peinait à passer un bas-fond), on a occupé notre premier après-midi à Mougounssi à jouer avec les villageois. Un moment exceptionnel, le sourire de ces enfants vaut tout l'or du monde.
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| Amélie en mode paparazzi et moi concentré sur le jeu |
On a débuté avec le Uno, on a fait plusieurs équipes (un Français et un enfant de Mougounssi). A cause de la barrière de la langue, on ne pouvait pas expliquer clairement les règles, alors on tentait de le faire au cours du jeu, tant bien que mal. Mais nous avons aussi appris plusieurs choses, comme nommer les couleurs en mooré (oro pour jaune …).
Ensuite, un atelier dessin s'est monté avec un concours de dessin de poules. Bien évidemment, en raison de ma fibre artistique très développée, il se trouve que mon œuvre était de loin la plus moche de toutes. Mais ça nous a permis de rire ensemble et d'apprendre à nous connaître un petit peu.
Enfin, le dernier jeu a été celui de la bataille corse. Moi même je ne connaissais pas les règles. J'ai donc dû les apprendre sur le tas en même temps que les enfants pour pouvoir y jouer. On était quatre à ce moment-là : Cassandra, Thomas, un enfant du village et moi-même. Et tout autour de nous, un public vif et extrêmement attentif regardait la partie se dérouler. C'est là que nous avons le plus ri, en feintant de taper sur le tas de cartes. Ce moment, un des premiers que l'on a vécu, restera l'un des plus importants pour moi.
C'est extrêmement difficile d'expliquer comment s'est déroulé cet après-midi car la joie de se rencontrer était tellement palpable des deux côtés que tenter de l'expliquer ne la retranscrit pas fidèlement. Alors comme disait notre guide à Bobo, Daouda : « L'Afrique, ça ne se raconte pas, ça se vit ». Et il avait parfaitement raison.
Gaëtan

L'histoire se répète ! :)
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